La mise en vente de maisons en hausse à L’Ancienne-Lorette

Thaïs
Thaïs Martel
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

L’augmentation du compte de taxes au banc des accusés

Les mises en vente de maisons ont augmenté de 38% à L’Ancienne-Lorette pour les cinq premiers mois de l’année comparativement à l’année dernière. Au cours de la même période, les transactions n’ont pourtant augmenté que de 12% et les inventaires de 18% dans l’ensemble de la ville de Québec. L’importante hausse de taxes que les Lorettains ont connue cette année a-t-elle quelque chose à voir avec la situation bien particulière qui prévaut à L’Ancienne-Lorette?

Rappelons qu’en décembre dernier le maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, avait annoncé une hausse de taxes de 33 % pour 2012 qu’il expliquait principalement avec la quote-part imposée par l'agglomération de Québec. (À lire Budget 2012 de L'Ancienne-Lorette : augmentation salée du compte de taxe) L’augmentation s’est traduite par une hausse moyenne de plus de 500$ sur le compte de taxes des propriétaires de l’endroit.

Pour Gina Gaudreault, directrice générale de la Chambre immobilière de Québec, il se pourrait bien que l’importante hausse ait un impact, même si ce n’est pas le seul critère qui motive les vendeurs. «C’est un des très bons secteurs. Ça bouge beaucoup à L’Ancienne-Lorette. Si on parle d’inventaire, dans le résidentiel unifamiliale qui comprend les maisons seules, mais aussi les copropriétés et les plex de deux à cinq logements, au 31 mai on a 101 propriétés à vendre contre 46 seulement à la même date an dernier», résume-t-elle.

Les chiffres de la Chambre immobilière de Québec, qui représente quelque 1600 courtiers immobiliers, démontrent que les inventaires de maisons à vendre étaient très bas l’an dernier. Ils reviennent à la normale cette année.

«Tant que les gens ne savent pas à quoi s’en tenir, qu’on n’a pas statué sur quelque chose, ils ne bougent pas. Ensuite, quand ils ont les faits en main, ils prennent leurs décisions. La hausse des taxes peut donc être un facteur», explique Mme Gaudreault.

Les locataires payent le prix

Il n’y a pas que les propriétaires qui voient leur facture grimper. Pour les locataires aussi une hausse des taxes municipales signifie une augmentation des coûts réservés au logement. Avec une hausse des taxes de plus de 30%, Hans Brouillette, directeur communications et affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), parle d’un «choc financier important».

Il déplore la mauvaise planification généralisée des villes. «On a des défis immenses qui s’en viennent parce que les villes ont des défis financiers qui vont être colossaux à surmonter au fil des années. Pour différentes raisons : les infrastructures à moderniser, les caisses de retraite des municipalités qui doivent être regarnies pour répondre à des engagements financiers de plus en plus longtemps dans le temps, à cause de la gestion environnementale et des dettes municipales accumulées. Les propriétaires et donc les locataires ne pourront pas permettre aux villes d’équilibrer les budgets ad vitam aeternam», indique-t-il.

Sans parler précisément du cas de L’Ancienne-Lorette, M. Brouillette présente un scénario qui représente selon lui un dur coup pour n’importe quel locataire. Il donne l’exemple d’un quatre et demi dont le loyer est de 770$. De ce montant, le propriétaire utilise 120$ pour payer les taxes scolaires et foncières, les premières représentant 80% du montant.

«Si on augmente de 30% les taxes foncières, ça signifie 30$ de plus donc 150$ de taxes au total. Sauf que quand le propriétaire augmente le loyer, il n’a pas seulement la hausse des taxes de la ville à couvrir. Il doit aussi penser à ses dépenses et à l’inflation. Disons qu’en augmentant le loyer de 40$, le propriétaire reste très conservateur, mais inflige quand même un dur coup au locataire», résume-t-il.

Pour le porte-parole de la CORPIQ, la situation est difficile à gérer pour les propriétaires qui sont souvent perçus comme «les méchants» par leurs locataires. «Ce qui est malheureux pour les propriétaires, c’est que les locataires ont l’impression que la hausse de leur loyer représente un revenu qui va directement dans les poches de leur proprio. En fait, les propriétaires sont en quelque sorte les percepteurs d’impôts des municipalités dans un cas comme celui de L’Ancienne-Lorette», termine-t-il.

À lire également : Un autre son de cloche chez les courtiers

L'Appel, membre du Groupe Québec Hebdo

Organisations: Chambre immobilière de Québec, CORPIQ, Corporation Québec Hebdo

Lieux géographiques: L’Ancienne-Lorette, Québec, Lorette

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires

Derniers commentaires

  • Bob
    30 novembre 2012 - 21:49

    H. Brouillette est un de ces experts qui a totalement perdu la boule. C'est toujours de la faute de l'État (quelle ingratitude, Monsieur Brouillette : avec tous les avantages fiscaux et les aides dont l'État inonde depuis des années les investisseurs et le segment le plus riche de la société : quand on lit ces sottises on croit rêver). Cet investisseur a l'art de se cacher systématiquement derrière le "pauvre petit propriétaire de duplex". Les dirigeants des grandes entreprises font la même chose : ils se cachent derrière les patrons des PME qu'ils dominent, achètent, écrasent et qui dépendent totalement d'eux). Les petits propriétaires sont majoritaires mais ne détiennent qu'une petite portion du parc locatif. Les gros investisseurs (y compris les gros propriétaires ABSENTS) ont derrière eux des holdings financiers, ces gens qui tirent les marrons du feu en spéculant sur les fusions acquisitions et traficotent à la bourse. Et il y a les rentiers de la crise, qui ont investi dans la pierre parce qu'ils meurent de trouille d'investir ailleurs et ne savent pas quoi faire de leur argent. . Le nombre de maisons en vente est lié au flip immobilier (voir ci-dessus : une manifestation de la crise) . Les experts ont vendu à des tas de gens lidée que l'immobilier remplaçait la retraite, ce qui est totalement absurde. Les banques ont vendu à de petites gens l'immobilier comme un plan forcément rentable : ce qui est un mensonge éhonté. Disons les choses simplement : les locataires ne sont pas des milliardaires. La Corpiq n'a pas cessé de faire son lobbying pour bloquer toute tentative de construction de logements sociaux : moins de logements sociaux, plus de locataires captifs. Ensuite il vient pleurnicher que les pauvres qui ne peuvent pas payer leur loyer : M. Brouillette : on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Que veut ce monsieur : que les pauvres soient déportés dans des camps à l'extérieur des villes? Mr Brouillette, l'équation est simple : payer un loyer de 800 dollars par mois quand en en gagne 1800 ( et .... tout le monde n'a pas ce revenu ... ) est impossible. Les locataires ne sont pas des fantômes : ils mangent, doivent se chauffer, s'habiller, prendre le métro, ils ont des frais médicaux et dentaires. Dans le contexte actuel, le discours de ces experts est proprement délirant. Direction : le psychiatre.

  • Gilles
    11 juin 2012 - 21:07

    Je n'ai pas suivi ce dossier au grand complet, mais il ne faut pas oublier un point important. Les résidents ont eu à voter durant un conseil de ville en 2011. Ils avaient le choix de refusionner avec la ville de Québec, ce qui éliminait la quote-part imposée par l'agglomération de Québec de même que l'accumulation de celle-ci, que le M. Loranger se refusait de payer depuis la défusion. Il semblerait qu'ils ont voté contre. Dans ce cas, les Lorettains (propriétaires et locataires) sont responsable de leur situation. Et ceux qui n'ont pas été voter le sont encore plus. Le plus drôle, c'est qu'il y a fort à parier, que ceux qui vont déménager, iront rester dans la ville de Québec, car la taxe y est moins élevé !!

  • Francois Harvey
    11 juin 2012 - 16:34

    Des frais de mutation supplémentaire pour la ville!!