«Les gens d’affaires auraient-ils négocié une entente au rabais avec le maire Loranger? Selon une rumeur qui circule dans la ville, les commerçants et autres ne payeraient pas une hausse de taxes aussi élevées de 3,.4 % telle que prévue au résidentiel», questionne M. Fortin.
L’origine du mécontentement du groupe : des propos qu’aurait tenus le maire lors de la dernière rencontre du conseil municipal. «Il avait dit que l’augmentation serait la même pour tout le monde. Chaque fois qu’on va [au conseil], on a des surprises ensuite. Tout ce qu’on veut, c’est de la transparence», indique Anthony Leclerc, porte-parole du Regroupement des payeurs de taxes de L’Ancienne-Lorette.
À l’hôtel de Ville, Émile Loranger ressort les chiffres de son dernier budget, des données déjà connues et publiques. «Quand nous avons préparé le compte de taxes, nous avons pris en considération que [le compte de taxes de] notre résidentiel et de notre commercial ne devait pas dépasser Québec. Si on surtaxe nos commerçants, ils vont aller s’installer ailleurs. Ce sont des chiffres disponibles, il est faux de prétendre qu’il y a eu une quelconque entente avec les commerçants», explique le maire.
Pour être dans la moyenne de Québec, le compte de taxes commercial a été augmenté de 26 %.
Quant à l’Association des gens d’affaires de L’Ancienne-Lorette, elle se défend bien de discuter de taxation avec l’administration municipale. «Non, nous n'avons pas négocié d'entente au rabais avec le maire. Jamais nous n'avons eu de discussion avec M. Loranger à ce sujet, commence Daniel Bussières, le président de l’Association.
D'ailleurs, le mandat de l'association n'est pas d'intervenir au niveau politique. Le mandat de l'association est de mettre la table pour favoriser les opportunités d'affaires et de donner de la visibilité à nos membres. Nos intentions sont de travailler avec les autorités en place, peu importe leurs allégeances politiques. Les chiffres sont là, ils sont déposés, publiés.»
Emprunt de 3 M$
Le groupe piloté par Alain Fortin et Anthony Leclerc s’interroge par ailleurs sur un nouveau règlement d’emprunt de 3 M$ adopté récemment sans précisions quant à son utilisation.
«Cet emprunt s’apparente à un parapluie sous lequel on fourre tout sans avoir aucune précision de l’affectation de cette somme d’argent, parce que tout est vague», fait savoir par voie de communiqué le Regroupement des payeurs de taxes de L’Ancienne-Lorette.
Encore là, rien de bien inhabituel selon le maire Émile Loranger qui parle d’une «protection» pour la ville que toutes les administrations municipales peuvent voter. «C’est une modification à la façon de faire qui est venue avec les fusions. On le fait tous les ans, sauf l’an passé, parce qu’on n’en a pas eu besoin. C’est un règlement parapluie qui n’est pas affecté à des travaux en particulier. Il sert à couvrir nos immobilisations de l’année, les travaux, les rues, les édifices à réparer», résume-t-il.
Ce règlement peut être bloqué si 500 personnes signent un registre qui sera ouvert le 1er février de 9h à 19h. Alain Fortin et son groupe demandent que cette période de signature soit prolongée, ce qui est en dehors des pouvoirs d’Émile Loranger, puisque ce genre de pratique est régi par la Loi des cités et des villes.
L'Appel, membre du groupe Québec Hebdo
