«À l’ère de la lutte contre les changements climatiques et la pollution atmosphérique, la ville de Québec n’a toujours pas apporté de modification au règlement d’abattage d’arbres malgré le fait que de nombreux citoyens en réclament la révision», indique d’entrée de jeu celle qui est également présidente du conseil de quartier de la Pointe-de-Sainte-Foy.
Actuellement, quiconque abat un arbre est passible d’une amende de 500 à 1000$ et de 100$ à 200$ pour chaque arbre abattu jusqu’à concurrence de 5000$ sur un terrain d’une superficie de moins d’un hectare. Pour les projets de plus grande ampleur, une amende minimale de 5000$ et maximale de 15 000$ s’applique par hectare complet déboisé.
Or Québec Arbres considère que les pénalités actuelles ne représentent pas des montants assez élevés pour être dissuasifs. L’organisme demande également de mettre en place une politique de protection des arbres lors de travaux de construction et de remplacement quand l’abatage est nécessaire.
Bar open«Si on n’impose pas de balises, ça devient un espèce de bar open pour les promoteurs. Ce qui se produit présentement, ce sont des coupes à blanc parce que les amendes ne sont pas assez dissuasives et qu’il n’y a pas d’obligation de restauration», expose Mme Elsener.
Québec Arbre souligne également l’importance de faire la différence entre un arbre centenaire et une jeune épinette. «Il faut aussi faire la distinction entre un arbre patrimonial et un arbre ordinaire, par exemple sur un axe patrimonial comme Saint-Louis/Grande Allée.»
Le groupe cite certaines études qui ont démontré la rentabilité économique et sociale de la préservation des arbres urbains. Ainsi, le prix des maisons avec arbres est de 3 à 10% plus élevé qu’une maison sans arbre. La présence d’arbres permet également aux villes d’économiser dans le domaine de la gestion de la pollution atmosphérique et des eaux de pluie.
«D'un côté, on construit des écoquartiers, d’un autre on abat des arbres. Il y a une incohérence globale», termine l’architecte et urbaniste Marcel Junius.
À la Ville de Québec, le porte-parole Jacques Perron mentionne qu’aucune révision du règlement d’abattage d’arbre n’est à l’ordre du jour pour le moment. «Le règlement a déjà été modifié il y a deux ans pour être rendu plus sévère et des exigences additionnelles ont été ajoutées», précise-t-il.
L'Appel, membre du Groupe Québec Hebdo

