Changement de garde à la Forge d'Antan

François
François Simard
Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Yanick Déziel entend redonner à l'atelier la place qui lui revient

Un peu plus de 50 ans après son ouverture, la Forge d'Antan connaît un nouveau souffle avec l'arrivée à sa barre de Yanick Déziel, un jeune entrepreneur fraîchement débarqué à Québec qui est littéralement tombé en amour avec le Vieux-Cap-Rouge. Ce dernier entend bien mettre tous les efforts nécessaires afin de redonner à l'atelier la place qui lui revient.

Changement de garde à la Forge d'Antan

Bien installée depuis 1954 là où la côte de Cap-Rouge rencontre la rivière du même nom, la Forge d'Antan est une véritable institution. Mais au cours des dernières années, l'entreprise a connu une période un peu plus difficile notamment marquée par le décès, l'an dernier, de son fondateur Jean Gaboury.

Originaire de Saint-Élie-de-Caxton, patrie du conteur Fred Pellerin avec qui il a d'ailleurs fait quelques mauvais coups, Yanick Déziel est soudeur de formation. Il a été gestionnaire dans plusieurs grandes entreprises dans la région de Montréal avant de s'amener dans la capitale et d'acheter la forge. «C'est un peu par hasard que j'ai découvert l'endroit en marchant dans le secteur, raconte-t-il. J'ai rencontré Pierre Gaboury, le fils du fondateur, qui continuait d'opérer la forge, mais cherchait quelqu'un pour s'occuper du côté gestion. De fil en aiguille j'ai finalement décidé d'acheter l'entreprise.»

S'il a bien souvent le nez dans les papiers, ce dernier n'hésite pas à prendre les outils d'autant plus qu'il a la chance de bénéficier du savoir-faire de deux artisans hors pair en Pierre Gaboury et Niska Pinet. «Pierre est un forgeron incroyable. C'est un véritable maître en la matière, souligne Yanick Déziel. Il n'y a pas vraiment de formation spécifique en ce domaine, mais comme le dit le dicton, ''c'est en forgeant qu'on devient forgeron''.»

Au cours des prochaines années, ce dernier compte développer la Forge d'Antan en misant notamment sur les travaux de fers ornementaux sur mesure. S'il n'a pas peur des gros mandats, il tient cependant à garder le côté artisanal qui est très recherché des gens. «Nous avons des équipements modernes, mais aussi des plus vieux capables de reproduire des éléments ancestraux, explique-t-il. Nous voulons aller encore plus vers le design et la création pour forger des pièces à valeur ajoutée.»

Se faire connaître

Durant l'événement DécouvrArts tenu il y a quelques semaines, la Forge d'Antan a accueilli sur ses terrains près de 3000 personnes. «Ça m'a permis de constater que les gens de Cap-Rouge ne nous connaissaient pas ou peut-être qu'ils avaient un peu oublié qu'il y avait une forge à côté de chez eux, mentionne Yanick Déziel. C'est un point sur lequel je vais travailler intensivement au cours des prochains mois. Je veux que les gens de Cap-Rouge s'approprient l'endroit.»

Pour l'instant, ce dernier loue les bâtiments et le terrain qui appartiennent encore à la famille Gaboury. Mais à plus long terme, il envisage de se porter acquéreur des lieux ce qui lui permettrait de développer le site à son goût. «Nous avons un emplacement exceptionnel sur le bord de la rivière Cap-Rouge et il faut exploiter cet aspect, affirme-t-il. Éventuellement, j'aimerais y aménager un café-bistro et une terrasse où les gens pourraient prendre un verre tout en admirant nos œuvres et pourquoi pas celles de d'autres artisans du métal.»

Si ce ne sont pas les projets qui manquent, le jeune entrepreneur de 34 ans assure cependant qu'il ne brusquera pas les choses. Il est bien conscient du joyau qu'il a entre les mains et il prendra le temps qu'il faut pour le polir.

Lieux géographiques: Cap-Rouge, Région de Montréal, Rivière Cap-Rouge

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires