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Louis-Hébert passe à l’orange

Denis Blanchette, le nouveau député de Louis-Hébert. (Photo Luc Fournier)

Denis Blanchette, le nouveau député de Louis-Hébert. (Photo Luc Fournier)

Thaïs Martel
Publié le 3 Mai 2011
Publié le 3 Mai 2011
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Le néo-démocrate Denis Blanchette déloge le bloquiste Pascal-Pierre Paillé

Louis-Hébert a un nouveau député et, surprise, il est néo-démocrate! La fameuse vague orange selon l’expression déjà consacrée a également emporté le comté. Le nouvel élu, Denis Blanchette, a recueilli 23 386 voix (39 %), loin devant le député sortant du Bloc québécois, Pascal-Pierre Paillé (14 640 votes, 24 %) et le candidat conservateur, Pierre Paul-Hus (13 207, 22 %). Signe de la déconfiture des libéraux, Jean Beaupré n’a amassé que 8099 voix (13%).

Sujets :
Bloc québécois , Bloc Pour Pierre Paul-Hus , Ottawa , Région de Québec , Canada

Le nouveau député de Louis-Hébert, visiblement heureux de sa victoire, a adressé ses premiers mots aux citoyens de son comté. «On a fait une campagne positive, on était fiers d’être des gens qui proposaient des choses. La population nous a écoutés, elle voulait du changement, nous espérons porter ce changement-là.»

En entrevue avec Québec Hebdo, Denis Blanchette s’est dit conscient des attentes des électeurs de son comté. «Dans Louis-Hébert, la population est exigeante. Maintenant c’est à nous de faire nos preuves et livrer la marchandise». C’est que la circonscription a viré son capot de bord à maintes reprises au cours des dernières élections fédérales.

Défaite inattendue

Jusqu’à la dernière minute, Pascal-Pierre Paillé, le député sortant, a bien cru qu’il serait reporté au pouvoir. Les sondages serrés et les réactions des gens sur le terrain lui ont fait de garder espoir.

«J’y ai cru jusqu’à la fin. Sur le terrain, je sentais que c’était bon. J’aurais cru que dans le contexte d’une vague de changement, les gens m’auraient donné un autre mandat parce que j’étais l’un des plus jeunes à Ottawa. Je pensais que ça allait faire une différence.»

Au-delà de sa propre défaite, c’est celle de son chef, Gilles Duceppe, qui a le plus surpris Pascal-Pierre Paillé. «La grande surprise c’est M. Duceppe. Après 20 ans d’investissement… Ça montre que les Québécois se questionnent, qu’ils sont en recherche d’identité. On a des valeurs différentes de celles du reste du Canada, on essaye autre chose. Est-ce que ce sera pour le mieux? C’est au NPD à en faire la preuve, mais laissez-moi en douter», a précisé le candidat au lendemain de sa défaite.

Malgré tout, il croit toujours que les choses peuvent changer et il ne tourne pas le dos à la politique. Il jongle d’ailleurs avec l’idée de se présenter aux prochaines élections provinciales.

En attendant, Pascal-Pierre Paillé se promet de faciliter la transition à son adversaire du nouveau parti démocratique. «C’est une lourde tâche. Je vais personnellement appeler M. Blanchette pour l’aider avec la transition. Je ne veux pas lui faire ce que moi je me suis fait faire. C’est aussi un service à rendre aux citoyens du comté, même si je suis déçu d’avoir perdu.»

Bye bye Bloc

Pour Pierre Paul-Hus, qui représentait les conservateurs dans Louis-Hébert, le message est clair. «Les Québécois ont décidé de dire "terminé" au Bloc. La question nationale, on n’en parle plus. Au Québec, on a fait un vote contre le Bloc québécois, on a vraiment occulté l’aspect de la séparation, ce qui a amené cette fameuse vague NPD.»

«Maintenant c’est à nous de faire nos preuves et livrer la marchandise.» - Denis Blanchette, député néo-démocrate de Louis-Hébert

Reste qu’il considère que la population n’a pas misé sur le bon cheval. «Jack Layton a l’air gentil, mais ça ne marche pas comme ça en politique.»

Homme d’affaires avant tout, Pierre Paul-Hus s’inquiète de l’avenir économique de la région de Québec. «C’est malheureux. Au Québec on a de la misère à comprendre l’aspect économique. On vient de tomber en position de quémandeur versus les autres Canadiens. Je pouvais comprendre la position nationaliste, mais de se mettre en mode où on dit qu’on veut de l’argent et puis on ne veut pas en générer, ça j’aime moins ça. Pour le futur du Québec, ce n’est pas bon.»

Quant au libéral Jean Beaupré, il s’est montré cinglant dans ses commentaires. «Ça fait deux fois que je me présente et j’ai un profond respect pour la démocratie. J’aime le Canada et je souhaite mourir Canadien. On a eu une belle leçon ce soir avec la presque disparition du Bloc québécois. S’il reste encore trois ou quatre bloquistes à Ottawa, c’est encore trop.»

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