«Même si aujourd’hui je suis paralysé, j’ai toujours mon tempérament d’aventurier et rien ne m’aurait empêché de faire le voyage Québec – Atlantic City», affirme d’entrée de jeu l’auteur, Christian Dufour. Effectivement, même après son accident de voiture en avril 1972 qui lui a fracturé la quatrième vertèbre cervicale en plus de lui sectionner en entier la moelle épinière, cet homme originaire de Saint-Alexis-de-Matapédia en Gaspésie a fait plusieurs dizaines de voyages au cours de sa vie.
Cap sur l’Atlantique, c’est le récit de voyage de 10 jours. Ce n’est pas un roman puisqu’il raconte les évènements de son périple qu’il a fait en compagnie de deux bons amis, Pierre et Ghislain. Ce livre s’agit en fait de son journal de bord: «Je tiens un journal de bord de ma vie depuis mon entrée chez les scouts lorsque j’étais jeune. Cela me permet de bien exprimer mes émotions, de les mettre sur papier de façon claires et cohérentes. Depuis que j’ai commencé à le faire, je n’ai jamais senti le besoin de m’arrêter.»
L’aventurier a donc plusieurs récits de voyages et il avait en tête de les publier depuis déjà deux ou trois ans. Tout a cependant déboulé dans les derniers mois. «J’avais rencontré l’éditeur Bertrand Dumont au salon du livre l’an dernier. On s’était parlé et on avait convenu que je lui enverrais mes écrits quand je serais prêt. En septembre, je lui est donc remis la quatrième version de mon journal de bord», a-t-il poursuivi. La réponse arrive le 17 décembre. Elle est positive, mais l’éditeur des livres Les calepins aventuriers trouve que M. Dufour ne parle pas assez de lui et de ses problèmes. Il doit donc retaper ses écrits et les retourner pour le 3 janvier. «Pour un quadriplégique qui doit écrire avec une licorne (un cerceau qu’on se met sur la tête avec une tige de métal en forme de L qui sert à taper les touches une à la fois) c’était peu de temps», disait-il en ricanant.
Il a finalement réussi et il a lancé son premier récit de voyage le 29 mars dernier à Québec. Tous les profits engendrés par le bouquin seront redistribués à l’Association québécoise de voile (AQPA). L’AQPA permet aux personnes ayant des incapacités physiques et/ou sensorielles, d'améliorer leur qualité de vie et leur intégration dans la communauté par la pratique de la voile de façon autonome. Et c’était le souhait de l’auteur de 60 ans qui est coordonnateur ministériel au ministère des Transports depuis 20 ans.
D’autres récits à venir?La retraite approche pour Christian Dufour et publier d’autres récits pourraient le tenir occupé, mais ce n’est pas dans ses plans. Croyez-le ou non, le résident du Vieux-Québec souhaiterait retourner à l’école: «Je suis titulaire d’une maîtrise en psychologie et j’aimerais approfondir mes connaissances en effectuant un doctorat en parapsychologie à l’Université Laval.»
La parapsychologie s’agit d’étudier les phénomènes tels que les voyages astraux, s’il y a une vie après la mort, la télépathie et d’autres expériences de l’esprit hors du corps. M. Dufour se désole d’ailleurs que ces sujets ne soient pas assez traités au Québec et au Canada comparativement à d’autres pays comme les États-Unis et l’Angleterre où des programmes d’études sur la parapsychologie existent.
S’il décide de publier d’autres récits, son voyage en Amérique latine un an seulement après son accident serait un bon choix. Il hésite cependant avec un voyage qu’il a fait en autocar, non adapté, jusqu’à Vancouver en compagnie de 22 autres personnes handicapées et 16 accompagnateurs.
Membre du Groupe Québec Hebdo

