Des effets de lumières, des couleurs éclatantes, des fonds énergiques et du mouvement. Voilà ce qui fait l’originalité de cet artiste peintre de Sainte-Foy.
Née d’une mère artiste et d’un père professeur de karaté, Cynthia a développé un rapport unique face au corps, à la respiration et tout l’aspect intérieur.
«Tout le côté organique, le corps, ça me fascine. La vie en général me fascine et aujourd’hui je l’interprète plus en peinture. Pour moi, c’est une façon de véhiculer ce que je ressens, ma vision, la vie», confie celle qui détient un diplôme en arts du Cégep de Sainte-Foy et de l’Université Laval.
Âgée de 28 ans, Cynthia possède un porte-folio bien rempli de créations plus explosives les unes des autres. Toujours en lien avec le corps humain, ces expositions présentent des yeux, des mains, des torses, des seins...
«La plupart du temps, le corps est exprimé soit d’un geste vraiment expressif ou en couleur pour véhiculer un message d’énergie à travers soi», dit-elle.
Sa dernière réalisation; les bouches. Inspirée par toute l’ambiguïté que représente la bouche, elle a voulu refléter la beauté et la sensualité à laquelle elle réfère tout en démontrant la laideur qu’elle peut apporter par les virus.
«Je joue vraiment entre la beauté et la laideur. Je trouve ça important de ne pas seulement faire du beau monde, de faire ressortir quelques petits défauts qui ajoutent de la valeur au tableau, explique-t-elle. Quand l’idée des bouches, je me suis vraiment éclatée au niveau des couleurs. J’en ai fait des plus abstraites, des plus figuratives. Je voulais faire ça, car ça évoquait plusieurs choses dépendamment comment elles sont traitées autant la sensualité que la consommation, de boire, de parler, de manger, la gourmandise…»
Inspirée des arts de la scène, qu’elle affectionne particulièrement, Cynthia exploite les fonds très noirs et les contrastes élevés rappelant l’éclairage de scène. Elle adore exagérer ses gestes et ses couleurs pour donner de la puissance aux tableaux.
«Je joue vraiment entre la beauté et la laideur. Je trouve ça important de ne pas seulement faire du beau monde, de faire ressortir quelques petits défauts qui ajoutent de la valeur au tableau» - Cynthia Coulombe Bégin
«Je commence vraiment à connaître le médium et ce qui le fun, c’est l’imprévu. On m’a déjà dit que l’ingéniosité d’un artiste se calcule à sa capacité de rattraper un accident ou une erreur […] C’est un peu de la magie, c’est ça qui est le fun et le sentiment d’être toujours étonné de son travail, de se surprendre soi-même et d’évoluer. C’est vraiment ça qui est valorisant aussi comme artiste», révèle la peintre.
Vers une carrière internationale
Après avoir explorer plusieurs avenues pour exposer ses créations, Cynthia fera son entrée dans le marché des galeries d’art montréalaises au cours des prochains mois. Son exposition Le feu à la bouche sera exposée dans la galerie d’art Le Bourget.
«C’est ma première entrée en grosse galerie, donc c’est une bonne nouvelle et c’est le début d’une belle carrière», confie-t-elle.
Bien que sa prochaine année sera consacrée à la production pour cette galerie, Cynthia aimerait bien développer sa carrière dans la capitale ontarienne.
Née à Miami, elle souhaite aussi développer sa carrière en Californie et dans sa ville natale grâce à sa double nationalité.
«J’aimerais beaucoup exposer là-bas. J’ai développé des contacts cet hiver et il y a eu de bonnes réponses. Ça va bien de ce côté-là», dit celle qui est déménagée au Québec à l’âge de 2 ans.
Certes, les projets ne manquent pas à cette jeune artiste. Mère d’une petite fille, elle chérit aussi le rêve de voyager à travers le monde avec son art, mais peut-être attendra-t-elle la retraite pour profiter des moments en famille.
Son exposition Le Feu à la bouche est exposée au restaurant SSS jusqu’au 29 mai 2012.
www.cynthiacoulombebegin.com
Groupe Québec Hebdo

