Juillet. Le soleil, la chaleur et un peu d’humidité sont au rendez-vous. Le temps semble au beau fixe. Puis le vent se lève, l’humidité est à la hausse, les nuages s’amoncellent. Pour le quidam moyen, l’orage qui s’en vient signifie tout simplement qu’il faudra rentrer et fermer les fenêtres. Pour un technicien en météo comme le caporal Jean-Pierre Gagnon, c’est un véritable branle-bas de combat qui s’enclenche.
«Quand il fait beau, on n’a rien à faire. Quand il y a un orage où une tempête, le téléphone n’arrête pas de sonner. Il faut être concentré parce que la vie des pilotes est entre les mains des météos. Il faut être ferme. La sécurité est en jeu. Tu es le boss quand c’est une question de météo», résume le caporal qui a élu domicile à Shannon après son transfert de la base de Bagotville.
Observer, transmettre, prévoir les conditions météorologiques pour les opérations se déroulant dans les escadrons et les escadres de la Force aérienne, sur les navires de guerre en mer et dans les installations de la Force terrestre, traiter, analyser et interpréter les informations à caractère météorologique, voilà le travail des «tec met» comme les désigne l’armée.
En tant qu’observateur, Jean-Pierre Gagnon représente le premier maillon de la chaîne. Avant de lancer les gros ballons-sondes, le caporal sort tout simplement à l’extérieur, regarde les nuages, estime la visibilité, le tout un peu à la manière de nos grands-pères.
Mais la comparaison s’arrête là. Le cours de technicien en météorologie des Forces armées comporte mille et une notions scientifiques. Des aptitudes en mathématique, en physique et en systèmes informatiques représentent d’ailleurs de sérieux atouts pour le futur technicien.
Long parcours vers l’observation du ciel
Si c’est un peu par hasard que le caporal est devenu ce qu’il appelle un météo, sa carrière au sein des Forces armées, elle, allait de soi. En sixième année, le jeune garçon qui habite alors la Côte-Nord a un fort penchant pour les films de Sylvester Stallone. «Je me voyais faire la piste à obstacles comme Rambo», raconte-t-il.
Après son secondaire quatre, il va s’enrôler sans même s’informer de son futur salaire. Après un passage de quelques années dans la réserve navale, il quitte toutefois l’armée… puis y revient trois ans plus tard, cette fois dans l’artillerie.
C’est une blessure au genou qui le force à changer de métier. «On m’a demandé d’écrire sur une feuille dix métiers dans lesquels je n’aurais pas besoin de mes genoux. Le cours de technicien météo était le premier à commencer. Finalement, ça a été un beau défi, j’ai trouvé ça très enrichissant», assure le caporal Gagnon.
Si son nouveau métier lui demande d’être proactif, de bien résister au stress et de réagir rapidement – notamment quand une grosse masse se pointe sur l’écran radar – le militaire trouve son travail très enrichissant. «Dans un sens, on est utile à tout le monde. En artillerie, chaque goutte de pluie peut influencer la direction et l’altitude de l’obus. En aviation il faut surveiller le givre et les turbulences, des éléments très dangereux pour tout ce qui vole», affirme Jean-Pierre Gagnon.
Et puis sa formation lui est aussi très utile dans la vie de tous les jours. «Ma femme me demande toujours si elle a le temps d’étendre avant de mettre son linge sur la corde», termine le militaire.
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L'Appel, membre du groupe Québec Hebdo

