La guerre comptable et fratricide que se livrent les duellistes de la rue Turmel n'a rien d'étonnant. De tout temps, les économistes ont brandi formules obscures et lourdes mathématiques dans le but de convaincre les illettrés des finances que leur gazon était plus vert que celui de l'opposant. Mais dans un de ces terrains pousse une bien étrange petite quenouille: Anthony Leclerc.
Ce qu'on connait de lui: il aime voir son nom dans les journaux, il bronze à la camera levant. Il est le père d'un lipdub à la poésie douteuse et à l'humour moyen, de quelques pages facebook vinaigrées, de pétitions coups-de-gueule qui demandent la démission d'Untel et d'Unautre. On lui connait aussi une disposition pour le piquetage gamin et autres manifestations parascolaires.
Dorénavant, nous pourrons ajouter à cette liste sa faiblesse à saboter le décorum d'une séance de ville par sa simple tendance à jacasser. Son inclination à rassembler une meute de pré-hooligans juvéniles afin de satisfaire son appétit pour le désordre et la petite résistance. Un certain plaisir à la victimisation.
L'équipe du comptable Fortin est en quête de quelle crédibilité lorsqu'elle s'adjoint les services d'un tel énergumène politique? Car, il est bien évident que celui qui crie à la dictature dans une mairie du Canada, celui-là a bien peu vécu. Celui-là devrait s'offrir une, même infime, immersion au Zimbabwé.
Anthony, offre-toi quelques années sabbatiques. Affûte tes lames, cultive-toi. Une belle préparation pourra te mener loin. Mais si tu continues à mitrailler ainsi, au gré de tes réflexes idéologiques et de ton incohérence éthique, tu comprendras probablement trop tard qu'une réputation, aussi élégamment détruite soit-elle, ne se répare qu'en de bien rares occasions.
John Deschênes
L’Ancienne-Lorette
