La jeune femme de 26 ans a été sélectionnée pour représenter l'arrondissement Laurentien à titre de volontaire dans un projet de développement international qui se déroulera dans ce pays d’Afrique de l’Ouest à compter du 22 novembre. Mené sous la direction du Carrefour canadien international (CCI), ce projet a pour but de contribuer à la création d’un monde durable et plus équitable en mobilisant et en renforçant la capacité des individus, des organisations et des communautés par le partage des connaissances, la solidarité et l’action collective.
Un travail sur mesure pour Joëlle Boily-Hivon. C’est que la Carougeoise ne mâche pas ses mots quand il s’agit de parler de l’inégalité entre les riches et les pauvres de la planète. «Je pense qu’on vit dans un climat d’injustice extrême. C’est inimaginable les conditions de vie des gens [dans certains pays plus pauvres]. Nos actions ont un impact direct sur leurs conditions de vie. On ne mérite pas tout ce qu’on a juste parce qu’on est né ici», assure la jeune femme engagée qui prône une consommation responsable et une plus grande attention portée au recyclage.
Donner au suivant
Mais un stage de deux ans au Mali, non rémunéré de surcroît, ce n’est pas un peu long? Pas pour Joëlle. Ces deux années représentent plutôt le premier pas d’une carrière – certaines parleraient davantage d’une vocation – de coopérante internationale.
Après un bac en droit, la Carougeoise souhaitait se consacrer à l’action sociale. Parallèlement, ses différents voyages et surtout un stage avec Québec sans frontière au Burkina Faso lui ont donné le goût de s’impliquer dans le domaine de l’aide humanitaire. «Je vois le voyage au Mali comme une porte d’entrée. J’ai toujours voulu faire un travail qui apporte aux gens. La manière de le faire m’importe peu», précise la jeune femme.
Et même si elle croit que les pays pauvres ont besoin de l’aide des plus riches, elle n’a que de bons mots pour décrire les Africains. «Leurs conditions de vie concrètes n’ont aucun rapport avec ce qu’on vit ici. Ils n’ont rien! Ce qui frappe, c’est l’aspect humain. L’autre, c’est tout ce qu’ils ont. Ils sont débrouillards, créatifs, prêts à parler, à rigoler, à prendre le thé sous le baobab parce que de toute façon il n’y a rien d’autre à faire! Ils prennent le temps de vivre.»
Les Africains utilisent beaucoup de paraboles. Il y en a une qui décrit leur conception de la vie. Ils disent "vous, vous avez l’heure; nous, on a le temps".» - Joëlle Boily-Hivon
Malgré les moments enrichissants qu’elle a vécus au Burkina Faso, Joëlle Boily-Hivon a quelques appréhensions par rapport à son stage de deux ans. «J’essaie de ne m’attendre à rien, c’est la clé de la survie là-bas. On ne trouve pas notre compte là où on l’attend. Il faut faire preuve d’ouverture d’esprit.»
En plus des vaccins et de la préparation qu’implique un si long voyage, la future coopérante à l’international doit amasser 2000 $ qui seront remis à Carrefour canadien international. «Ça permet de faire connaître l’organisme et d’éveiller les consciences», lance la jeune femme. L’argent ainsi récolté constitue en quelque sorte un fond d’urgence pour le CCI.
Pour en connaître plus sur le projet de développement international au Mali auquel participera Joëlle Boily-Hivon ou pour participer à sa collecte de fonds, consultez le http://cci.akaraisin.com/pledge/Participant/Home.aspx?seid=2478&mid=9&pid=412941

