Question d’éviter le bouchon du matin et de fin d’après-midi sur le boulevard Laurier, bon nombre d’automobilistes empruntent les rues au sud. À titre d’exemple, la Ville a déjà compté 523 véhicules sur du Général-Tremblay entre 7 h et 8 h, et 592 entre 16 h et 17 h. Aux mêmes tranches d’heures, on parle de 553 et 610 sur Sasseville.
«Si les feux de circulation ne sont pas efficaces et que les délais sont trop longs, la tentation de passer par les quartiers devient plus forte, raconte le conseiller du district Saint-Louis, André Demers. On roule environ de 0 à 40 km/h. Ce n’est jamais très vite, mais on avance tout le temps.»
«En-dehors de ça, il y a toujours de la circulation de transit dans nos quartiers, mais il y a une tolérance», ajoute-t-il.
La Ville aménagera ainsi deux terre-pleins de fortune, soit des blocs de béton, sur Sauvé aux intersections de Ménard et de Lapointe, pour empêcher les automobilistes de tourner sur ces deux dernières rues le soir. Ceux qui tenteront le coup se retrouveront tout droit… sur Laurier!
Et ceux qui auraient la tentation de couper sur du Colonel-Mathieu à partir de Triquet devront changer d’idée en raison d’une éventuelle interdiction d’y entrer. La rue demeurera cependant à double sens.
À l’ouest, d’autres blocs empêcheront d’emprunter Carswell à partir du Général-Tremblay. S’ajouteront des feux de circulation au coin de Sasseville et de l’Église au coût de 95 000$. La Ville interdira aussi l’entrée aux rues de Rouville, de Fontenay et du Sieur-d’Argenteuil, à partir de Sasseville. Là encore, les trois voies visées demeureront à double sens.
Question de sécuriser la circulation piétonnière, la ville ajoutera des trottoirs à certains endroits, dont Triquet, Ménard, Jean-Brillant, Sasseville et de l’Église.
«Ça touche l’ensemble du secteur, pense le conseiller Demers. C’est un bon test. On investit un demi-million de dollars pour endiguer le problème de circulation.»
La Ville surveillera la situation à de nouveaux points de comptage. L’idée consiste à savoir si le problème semble se régler ou pire, se déplacer ailleurs. Si les mesures s’avèrent efficaces, les blocs de béton feront place à des aménagements plus esthétiques.
Dans certains cas, les citoyens concernés devront modifier leurs habitudes quotidiennes. Tel est le prix à payer pour diminuer la circulation de transit.
Le stationnement dans les rues représente cependant un autre problème à l’horizon, surtout à proximité de l’hôpital. À ce sujet, la Ville réfléchit en ce moment à la possibilité d’implanter un système de vignette, comme c’est le cas dans certains secteurs.
Bien entendu, les citoyens devraient alors débourser quelques dizaines de dollars pour s’en procurer une. «Ça dissuaderait ceux qui pourraient utiliser les rues gratuitement», croit M. Demers.
Avant d’en arriver à une telle décision, la Ville consultera les citoyens, probablement en juin.

