Lévis se retire du SRB


Publié le 18 avril 2017

Le maire de Lévis - Gilles Lehouillier.

©TC Media - Raphael Beaumont-Drouin

TRANSPORTS.  C'est la fin pour le tronçon du Service rapide par bus (SRB) sur la Rive-Sud a annoncé le maire de Lévis Gilles Lehouillier, en début de soirée.

C'est après avoir reçu et étudié tous les scénarios possibles que le conseil municipal a tranché: le projet était trop onéreux pour la Rive-Sud. «[Le SRB] est difficilement justifiable sur le plan financier par rapport aux bénéfices que pourrait en tirer la population lévisienne», a indiqué Lehouillier, à l'issue d'une consultation-éclair organisée avec ses conseillers municipaux.

Estimé à 660 M$, le mégaprojet «faramineux» n'apporterait aucune valeur ajouté à la Ville de Lévis, selon le maire.

Ce retrait ampute le Service rapide par bus de près de la moitié de son parcours total, dévoilé en mars 2015.

Lévis compte désormais se pencher sur des alternatives plus modestes à la problématique de congestion routière. Un comité sera mis sur pied à ce sujet, au sein duquel siègera Michel Patry, président de la Société des transports de Lévis (STL).

Fausse route

Selon M. Lehouillier, en investissant 210 M$, la Ville de Lévis n'aurait réduit que de 2% la taille du trafic routier sur ses routes. De plus, même dans un scénario où le SRB aurait été financé à 100% par les deux paliers de gouvernement, le maire indique que le mégaprojet de transport en commun aurait été difficilement rentable et coûteux à maintenir.

Clou dans le cercueil, la population lévisienne «n'appuyait pas» le projet.

Labeaume respecte la décision

La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, a questionné le maire Labeaume en conseil de ville, mardi, sur les plans de la Ville qui perd maintenant son partenaire. «Qu’est-ce que le maire va faire? Va-t-il continuer à engager des fonds publics là-dedans? Il y a des fonctionnaires qui travaillent sur le dossier, il y a des expropriations, et il y a déjà de l'argent de dépensé. Va-t-il continuer à en dépenser?»

Le maire de Québec a répondu que des précisions viendront du côté de la Ville de Québec. «Il n'y a pas d’expropriations. On n'a plus de partenaire sur la Rive-Sud et c’est une décision qu’on respecte. On va revenir devant le public et on va les informer de ce qu’on veut faire.»

En point de presse en marge du conseil, le maire Labeaume a souligné avoir contacté le cabinet du maire de Lévis. «On avait demandé à ce qu’on nous rappelle pour au moins nous tenir informés, mais on n’a pas eu de retour.» 

«On n’est pas vraiment surpris. On avait lu et entendu ce qu’il s’était dit la semaine dernière. C’était devenu compliqué politiquement là-bas. Dans quelques jours on vous revient», a-t-il laissé tomber avant de retourner au conseil.

Un projet de haut et de bas

Né des cendres du projet de Tramway – jugé plus coûteux − le Service rapide par bus représentait «une solution à court terme» à la problématique de congestion routière entre les deux rives. Le maire Lehouillier l'avait expérimenté lors d'un voyage en Europe et était revenu ravi de son expérience. Le tracé prévu sur la Rive-Sud s'étalait alors du siège social de l'entreprise Desjardins jusqu'au secteur de Saint-Nicolas. Il devait coûter aux alentours de 1G$ lors du dévoilement des études de faisabilité, en mars 2015.

Un an plus tard, le gouvernement Couillard annonce un investissement de 12,5 M$ pour mettre sur pied un bureau de projet sur le SRB.
Si tout semblait rouler jusque-là pour le Service rapide par bus, c'est ce printemps que les choses se sont gâtées. Absent du budget fédéral, le mégaprojet crée des tensions entre les deux rives alors que le maire de Québec Régis Labeaume accuse le tronçon lévisien d'être responsable de l'inflation du coût du SRB. À lui seul, le segment sur la Rive-Sud aurait coûté 660 M$.

N'ayant pas les moyens de payer 10% de la facture qui dépasse maintenant le milliard, Lévis se retire finalement du projet, le 18 avril.