Expropriations minimisées dans le réaménagement de la rivière Lorette


Publié le 18 mai 2017

Basée sur une étude technique, le projet de réaménagement de la rivière Lorette visait la solution optimale avec le moins d'inconvénients.

©(Photo TC Media – François Cattapan)

ENVIRONNEMENT. Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, Jonatan Julien, n'en démord pas. Le projet de réaménagement de la portion de la rivière Lorette touchée par des inondations lors de crues subites en 2005 et 2013 constitue la solution la plus optimale dans les circonstances.

Disant comprendre que devant la fatalité de devoir être expropriés, les propriétaires concernés se demandent pourquoi eux et pas les autres, M. Julien assure qu'il s'agit du meilleur scénario. À son avis, la solution envisagée minimise autant que possible les irritants pour les résidents riverains du cours d'eau. Il n'y aurait pas moyen de faire mieux et d'exproprier moins de gens.

Je comprends très bien les sentiments des résidents touchés. Ce sont des situations difficiles et émotives. Si c'était mon cas, convient-il, ça me ferait quelque chose de perdre ma maison. Mais, à terme, ce sont des décisions éclairées qui ont été prises.

Jonatan Julien, vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec

À la question de savoir pourquoi il n'a pas été décidé d'exproprier davantage les commerces du boulevard Wilfrid-Hamel, tant à L'Ancienne-Lorette qu'aux Saules, l'élu de Québec répond que ce n'est pas par choix. «Il faut comprendre que toute la rivière a été analysée sur la portion du parcours problématique. Il n'y a pas juste des résidences qui sont touchées. Nous avons fait des acquisitions sur le boulevard Hamel, notamment de certains motels. De mémoire, souligne-t-il, sur la dizaine de propriétés concernées, il y en a deux résidentielles et sept ou huit commerciales.»

Semblant bien au fait du dossier, M. Julien indique «qu'avant les mesures d'intervention temporaire, le lit de la rivière gérait 45m3/sec. Avec les aménagements, on a ajouté des usines de pompage, créé des bassins de rétention en aval et élargi des ponceaux, ce qui a permis d'atteindre environ 75m3/sec. On peut ainsi gérer les niveaux inédits de crue comme celle survenue à l'été 2013. Et, les nouvelles mesures permanentes vont permettre de se rendre jusqu'à 100m3/sec et ainsi surpasser tout risque.»

Selon M. Julien les nouveaux ajustements se basent sur une analyse technique. Celle-ci a permis d'identifier les meilleurs endroits où aménager les futurs bras de décharge et zones de débordement. Il s'est avéré que deux résidences se trouvent dans ces milieux propices où on a la meilleure capacité de rétention des eaux pour contrer des crues subites. Étant dans ces futures plaines d'inondation, il devenait impossible de les protéger.

Meilleure solution

«Je comprends très bien les sentiments des résidents touchés. Ce sont des situations difficiles et émotives. Si c'était mon cas, convient-il, ça me ferait quelque chose de perdre ma maison. Mais, à terme, ce sont des décisions éclairées qui ont été prises. À la fin, on parle d'expropriation, mais nous privilégions la négociation pour arriver à des ententes de gré à gré. C'est dans le pire des cas qu'on en viendrait à des expropriations.»

Concernant un possible retour en arrière, l'élu de Québec ferme la porte. «Non, parce que la rivière a des méandres, des capacités et des endroits où on peut faire des interventions. Tout ce qu'on a fait, c'est de tenter de minimiser ces impacts-là. On ne voulait pas aboutir à un projet nécessitant l'expropriation de la moitié des gens, ça n'aurait pas de sens. Toutes les interventions ont été optimisées et malgré les inconvénients, on est satisfait de n'avoir que deux résidences qui ne peuvent pas rester sur le site.»

Au sujet de l'information qui n'a été transmise qu'en mars aux résidents expropriés, Jonatan Julien convient que le délai est court. Toutefois, il constate que le projet avance à vitesse grand V et ces informations ne pouvaient être transmises plus tôt. Néanmoins, il demeure convaincu que «la solution qui est sur la table est la meilleure possible sans l'ombre d'un doute».

Propos recueillis par Mathieu Galarneau

TC Media