Des subventions attrayantes

Le REEE, un régime accessible à tous


Publié le 4 février 2017
Sylvie Chayer sait maintenant à quel point l’ouverture d’un REEE peut être avantageuse.
Photo TC Media - Renée-Claude Doucet

FINANCES. Peu importe son revenu familial, il est possible d’ouvrir un régime enregistré d’épargne-études (REEE) en institution et ainsi profiter de subventions intéressantes provenant des gouvernements fédéral et provincial. L'Hebdo Rive Nord a rencontré une conseillère en gestion de patrimoine question de guider les parents dans ce dossier qui peut paraître complexe.

Karine De Grandpré est conseillère en gestion de patrimoine chez Desjardins. De la finance, elle en mange. Mais ce n’est pas le cas de tous ses clients. Nombreux sont ceux qui ne connaissent pas réellement en quoi consiste un REEE.

«Si mon enfant ne fait pas d’études, je perds toutes mes économies…»; «Je n’ai plus de bébés, mes enfants sont maintenant trop vieux pour que j’investisse dans un REEE»; «Je n’ai pas les moyens d’investir dans un REEE»; les idées préconçues, qui sont souvent de fausses croyances, à propos des régimes d’épargnes études affluent.

Et saviez-vous que pour certains parents, le REEE peut s’avérer plus intéressant qu’un REER? Effectivement, contrairement à un REER, il donne accès à des subventions gouvernementales. De plus, le capital investi dans celui-ci peut être transférer dans un REER lorsque le temps est venu de le retirer.  

 

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«Si je l’avais su…»

Sylvie Chayer, une citoyenne de Repentigny, a ouvert un REEE avec Mme De Grandpré en 2014. Elle le dit elle-même: «Au début, je ne comprenais pas le principe. Je ne savais pas que le gouvernement mettait aussi de l’argent. Si je l’avais su avant, j’aurais probablement ouvert un REEE plus tôt».

Comme sa fille était alors âgée de 13 ans et qu’il est possible de cotiser à un REEE jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de 17 ans, la conseillère a suggéré à Mme Chayer une stratégie sur quatre ans. Le scénario optimal pour la cliente se dessine ainsi comme suit: un investissement de 5 000$ par année, sur quatre ans (20 000$); ce qui permet d’aller chercher le minimum des subventions gouvernementales (30%), soit 6 000$, ainsi que des intérêts.

«Oui, mais 5 000$ par année, pendant quatre ans, c’est beaucoup. Je n’ai pas cette somme à investir», pourraient se dire des parents. Alors, c’est ici que les judicieux conseils de la spécialiste viennent faire la différence.

Prenons un couple ayant un revenu familial moyen, avec un bon dossier de crédit et admissible à une marge de crédit. Il est possible de prendre le 5 000$ de la marge de crédit pour l’investir annuellement dans le REEE; donc personne ne touche à ses économies personnelles.

Par la suite, lorsque l’enfant s’inscrit à des études post-secondaires et qu’il est possible de commencer à retirer les sommes accumulées dans le REEE, les parents reprennent le capital de 20 000$ pour rembourser la marge de crédit et l’enfant peut bénéficier du 6 000$ de subventions pour payer une partie de ses études. Il en aura coûté aux parents que les intérêts rencontrés en empruntant dans la marge de crédit, soit une somme peu importante comparativement aux 6 000$ de subventions gouvernementales.  

Une rencontre s’impose

Pour ouvrir un REEE, «le plus tôt sera le mieux», appuie Mme De Grandpré. En commençant en bas âge, les montants investis mensuellement sont plus petits que ceux mentionnés dans l’exemple et les intérêts engendrés plus importants.

Mais chaque situation financière est différente et lorsque l’on connait bien les programmes, il est possible d’en retirer le maximum d’avantages.Une rencontre avec un conseiller financier peut ainsi s’avérer très payante. Mme De Grandpré estime par ailleurs qu’un rendez-vous s’impose chaque année.

«C’est l’occasion de faire le point sur ses finances. On demande à nos clients de s’ouvrir à nous. Est-ce qu’ils se séparent, attendent un bébé, changent d’emploi? Les gens sont souvent dans l’émotion par rapport à un événement; nous sommes capables de voir le côté rationnel des choses. Nous regardons où ils veulent aller et pouvons les aider à atteindre leurs objectifs plus vite», termine la conseillère.

Bon à savoir sur le REEE:

· Le capital investi à la base dans un REEE revient au parent. (aucun impôt à payer lorsque retiré)

· Les intérêts et subventions appartiennent à l’enfant.

· Au début des études de l’enfant, il est possible pour le parent de cotiser le capital investi dans un REER en vue de la retraite et ainsi bénéficier d’une économie d’impôt.

· Le REEE englobe l’ensemble des études post-secondaires reconnues par le Ministère de l’Éducation.

· Si l’enfant ne fait pas d’études post-secondaires, le parent récupère le capital investi, de même que les intérêts engendrés. Il n’a cependant pas accès aux subventions gouvernementales. Toutefois, il est possible de transférer le REEE entre frères et sœurs et ainsi bénéficier de l’ensemble des subventions.

· Il est possible pour les grands-parents ou les proches de l’enfant de déposer un montant dans le REEE.