Deux «armes» contre la petite bête noire du frêne

Lutte à l’agrile du frêne


Publié le 18 août 2014

ENVIRONNEMENT. Dans leur lutte pour freiner les ravages de l’agrile du frêne – présente au Québec depuis 2008 – des chercheurs ont mis au point deux «armes» de destruction de l’insecte, pouvant détruire une population complète de frênes en moins de trois ans.

«On a introduit un champignon entomopathogène dans la zone touchée du Québec pour faire mourir l’agrile (beauveria bassiana). Une fois infecté, on espère que le mâle infecte le plus de femelles possibles, puisque les accouplements sont multiples», souligne Robert Lavallée, chercheur au Service canadien des forêts (SCF), situé au Centre de foresterie des Laurentides, sur le campus de l’Université Laval.

Le deuxième mode de défense est une petite guêpe de 2 millimètres de long faisant la lutte biologique à l’agrile. «Mais le plus important est la prévention. La population ne devrait jamais déplacer du bois de chauffage. Il peut contenir des insectes envahissants», souligne l’entomologiste.

Aucune défense

L’agrile, originaire d’Asie, est un insecte monophage. Il ne se nourrit que d’une chose, soit le frêne. En Asie, la petite bête vise les arbres morts ou mourants, mais au Québec, ce sont les arbres sains. Et ils n’ont aucune défense.

«Ce n’est plus possible de freiner les ravages de l’agrile. À partir du moment où on trouve un frêne infecté, on retrouve 100% de mortalité en six ans sur 2,5 km.

La réglementation sur le bois est maintenant plus sévère. Il reste des pays délinquants, mais il y a du progrès. On est en train d’analyser comment les arbres se défendent en Asie», poursuit M. Lavallée.

Pièges perfectionnés

Depuis quelques années, les chercheurs entomologistes luttant contre l’agrile du frêne perfectionnent leurs pièges qu’ils installent à la cime des arbres.

Une substance collante appelé kairomone est apposée sur l’extérieur du piège. Un sachet de phéromone est aussi accroché à la tête du piège, pour attirer le mâle.

«À Montréal, on a installé une centaine de pièges. Avec la bonne dose de phéromone, on a été capables de doubler les captures», fait remarquer le chercheur du SCF.

L’agrile du frêne en bref

- Longueur entre 7,5 et 15 mm

- Couleur vert métallique brillant

- S’attaque à toutes les espèces de frênes (les arbres sains au Québec)

- Ravage les troncs, branches et feuilles

- Les larves se nourrissent sous l’écorce et les adultes mangent les feuilles

- Apparition en Montérégie en 2008 et à Montréal en 2011

- L’agrile a déjà fait mourir des millions de frênes dans le sud-ouest de l’Ontario et dans les États avoisinants