L'amour au service de la science


Publié le 10 février 2015

SCIENCE. Qu’est-ce qui lie entre eux le chocolat, le Viagra et le coup de foudre? L’amour? Pas tout à fait! En fait, c’est plutôt une affaire de chimie. Et c’est ce que démystifie Normand Voyer, professeur au Département de chimie de l’Université Laval, dans la conférence La chimie de l’amour. Pour le chimiste, le doux sentiment sert de prétexte pour parler science et réussite scolaire.

Invité à démystifier la chimie de l’amour à l’École secondaire de Neufchâtel, l’enseignant raconte d’entrée de jeu que l’idée de parler d’amour est un prétexte pour aborder une question bien plus sérieuse, mais infiniment moins sexy aux yeux de bien des jeunes: la réussite scolaire. «Je veux montrer que la science est au cœur de notre quotidien, que de faire de la science, c’est le fun. Je veux détruire le mythe du scientifique ennuyant et encourager la persévérance scolaire», explique Normand Voyer.

S’il a choisi l’amour comme point de départ, c’est avant tout parce que les sujets qui en découlent sont nombreux et variés. On peut penser au coup de foudre ou à la peine d’amour qui déclenchent des réactions chimiques dans le corps humain, mais aussi aux infections transmissibles sexuellement, aux aliments aphrodisiaques et même aux drogues comme celle du viol. Pas question toutefois pour le chimiste de venir faire la morale aux jeunes. «Je suis un scientifique, je rapporte des faits», assure-t-il.

Pour donner à son jeune public le goût d’entreprendre une carrière en science, Normand Voyer aime faire réaliser à son auditoire que les découvertes scientifiques d’hier ont un impact sur la vie d’aujourd’hui. «Parfois, de prime abord, on ne voit pas l’intérêt de nos recherches. Le latex synthétique par exemple. En soi ce n’est pas très concret, mais on peut en faire des condoms qui, de nos jours, sauvent des vies.»

Après quelque 160 représentations de La chimie de l’amour, Normand Voyer commence à rencontrer, à l’université, des jeunes qui lui assurent avoir choisi une carrière en science grâce à lui. Un petit velours pour celui qui veut motiver les jeunes. «Je veux transmettre ma passion en personne. Et d’aller dans les écoles à la rencontre des jeunes et de leurs professeurs qui donnent tout ce qu’ils ont pour encourager leurs élèves, c’est une source de motivation supplémentaire pour moi», conclut M. Voyer.