Sections

Suggestion d'aménagements pour développer Maguire


Publié le 11 septembre 2017

Les étudiants suggèrent d'établir un rond-point à l'intersection de Maguire et René-Lévesque.

©(Photo TC Media - François Cattapan)

ÉCONOMIE. L’avenue Maguire connaît son lot de défis: population vieillissante, locaux vacants ou encore la concurrence des grands centres commerciaux. Quatre finissants à la maîtrise en architecture de l'Université ont proposé des solutions bien accueillies dans le milieu pour continuer le développement de l’artère.

Déjà, on observe un retour aux rues commerçantes depuis la fin des années 1990, alors que les mails et aux autres centres commerciaux sont en déclin, principalement aux États-Unis. «Les rues commerciales remontent. Ça va mieux qu’avant. Même pour celles qui vont mal, il y a du progrès», convient d’entrée de jeu Damien Ruaud. L’étudiant a complété son travail avec Romain Schupp, Antoine Gamache et Alexandra Leblanc.

Pour arriver à une proposition cohérente, les quatre architectes en devenir ont visité le terrain. Ils sont allés à la rencontre des principaux intéressés: commerçants, SDC, consommateurs et élus. «On a commencé une analyse historique et socio-économique du quartier. Puis, à l’échelle de la rue, on a créé des outils d’analyse, dont une grille d’entretien avec des acteurs-clé et un sondage en ligne qui a eu 334 réponses complètes, dont 25 commerçants», expliquent Damien et Romain.

Enclave désavantageux

Tout d’abord, les étudiants jugent que l’avenue Maguire est désavantagée par sa position géographique en ce sens qu’elle est enclavée par le développement résidentiel à partir de son entrée du boulevard Laurier. «Alors qu’ils ont un gros potentiel, ils n’en profitent pas assez. Ils doivent de plus faire face à la grosse concurrence des centres commerciaux de Laurier», observe Romain Schupp.

L’enjeu de la densification du secteur ne peut être relégué aux oubliettes pour sa pérennité, estime le quatuor. «Les stationnements payants sont souvent un frein aux visiteurs qui veulent s’y rendre. En même temps, on y retrouve des commerces uniques à Québec, souvent plus haut de gamme, qui attire une certaine clientèle de destination», relativise Damien Ruaud, qui parle également d’une clientèle plus bourgeoise que sur la 3e Avenue, par exemple.

Des points positifs ont aussi été soulignés par le groupe. Notamment, l’avenue Maguire est à échelle humaine. Tout est réalisable à pied. Ce n’est pas un méga complexe commercial avec des stationnements à perte de vue. Il y a une ambiance familiale.

Planifier pour mieux développer

Les étudiants ont construit leur argumentaire autour d’un développement harmonisé de l’artère commercial. Ils se sont permis de rêver, certains diront «en couleur», en proposant le réaménagement de l’intersection Maguire/Laurier en rond-point.

Les étudiants suggèrent un rond-point pour dynamiser le secteur.
(Esquisse gracieuseté)

«Il faut voir ça sur une perspective de 20 à 30 ans. Le boulevard Laurier va bouger et Maguire devra s'adapter. Le rond-point est un élément qui oblige les gens à ralentir. Au centre du rond-point, on pourrait mettre une référence patrimoniale à l’avenue. Nous avons proposé dans notre travail une statue du curé Maguire, comme le quartier est fortement attaché à son identité», soumet Damien Ruaud.

L’établissement de ce rond-point serait accompagné de développement commercial à cet endroit, une manœuvre plus facile à dire qu’à faire, avouent-ils, puisqu’il s’agit actuellement de maisons. Mais le reste des propositions demeurent réalisables à court ou moyen terme. À preuve, une suggestion qu’ils avaient formulée cet automne s’est concrétisée ce printemps. Le stationnement payant sera remplacé par un édifice à quatre étages avec un vaste stationnement souterrain.

Pour augmenter la circulation piétonne, et par le fait même la sécurité, le quatuor éliminerait les stationnements d’un côté de la rue, pour agrandir les trottoirs. Aussi, le rehaussement des intersections favoriserait une circulation plus lente. Enfin, une place publique devrait être aménagée devant la bibliothèque Charles-H.-Blais, de façon à se donner un endroit où multiplier les prestations ponctuelles.