Deux cas d'agression sexuelle suscitent l'attention médiatique


Publié le 8 février 2017

Nadim Hajhattab n'est pas passé inaperçu, après son attaque sur des journalistes. (Photo TC Media – Archives)

TRIBUNAL. Soucieux de garder l'anonymat et de voir sa cause pour agression sexuelle passer sous le radar des médias, Nadim Hajhattab ne s'y est pas pris de la bonne façon, en début de semaine, lorsqu'il s'est rué sur deux journalistes qui le filmaient. Le massothérapeute de Sillery a plutôt attiré l'attention sur son procès qui s'est étiré sur trois jours au palais de justice de Québec.

L'homme de 41 ans est accusé d'avoir eu des contacts sexuels sur trois clientes de la clinique où il travaillait sur la rue Maguire. Les trois femmes sont venues témoigner des événements remontant à 2012. Une quatrième victime a par ailleurs retiré sa plainte en déplorant la lenteur des procédures. Fait à noter, après dénonciation du comportement de leur membre, l'organisme Mon Réseau a mis les plaignantes en contact contrairement à la règle judiciaire voulant que les témoins ne se concertent pas.

Durant leurs témoignages, deux des victimes ont dénoncé des gestes inappropriés près et sur leurs parties génitales. Hajhattab semblait avoir tendance à prolonger ses soins sur les cuisses et les fesses des clientes. Profitant qu'elles s'étaient dévêtues, il finira par effleurer puis toucher volontairement le pubis et la vulve des plaignantes, qui lui disent chacune de cesser le massage. Elles porteront plainte à l'association de massothérapeutes, puis à la police par solidarité et pour éviter d'autres victimes.

En contre-interrogatoire, l'avocat de la Défense, Me Jean Petit, tentera d'obtenir des précisions des plaignantes. Toutefois, celles-ci ont des souvenirs vagues des faits qui remontent à près de 5 ans. Il obtient tout de même des admissions que rien ne les obligeait à se dénuder complètement. Aussi, certains types de massages, comme le suédois, prévoient des actions sur certaines parties spécifiques du corps.

Quant à la troisième victime, les gestes à caractère sexuel sont allés plus loin. Elle a raconté que le massothérapeute l'a surprise en caressant sa vulve puis en y enfonçant ses doigts. Lorsqu'il se met à lui faire un cunnilingus, paniquée elle tente de l'en dissuader sans succès et finit par s'abandonner jusqu'à l'orgasme. Croyant pouvoir enfin partir, elle voit Hajhattab monter sur la table et brandir son pénis pour obtenir une fellation. Elle refuse, mais voulant avoir la paix, elle le masturbe jusqu'à éjaculation.

En Défense, Me Petit s'est empressé d'amener la plaignante sur les notions de refus et de consentement. Il lui demandera à plusieurs reprises pourquoi ne pas avoir interrompu le massage à tout moment durant la gradation des contacts sexuels, qui sont passés des effleurements, à l'utilisation des doigts puis de la langue. La dame expliquera avoir été déstabilisée, confuse, puis craintive de se trouver seule avec l'accusé.

La procureure de la Couronne, Me Sarah-Julie Chicoine, a terminé le procès en faisant témoigner les techniciennes médicales qui ont fait des prélèvements biologiques sur les vêtements des victimes. Dans au moins un cas, de l'ADN masculin y a été décelé. Cette étape visait à établir la trame factuelle ainsi que la chaîne de possession des articles soumis à l'analyse.

La cause reviendra vendredi à l'étape des plaidoiries des parties. Entre temps, jeudi, Hajhattab subira son enquête caution pour les nouvelles accusations portées contre lui pour voies de fait et méfait, pour s'être attaqué à deux journalistes et avoir tenté de leur enlever leur caméra. Il devrait être remis en liberté sous de sévères conditions.

Couple abuseur en réflexion

Le couple de Québec accusé d'avoir commis des actes sexuels et de bestialité avec un autre couple de Saint-Lin, dans lesquels deux jeunes filles ont été impliquées, a fait un passage éclair mercredi après-midi. Des demandes de rapports présentenciels et sexologiques ont d'abord été enregistrées par la Couronne.

Du côté de la Défense, un des deux avocats a demandé un report d'une semaine pour permettre à son client de compléter sa réflexion. Si la jeune conjointe désire plaider coupable afin de tirer un trait sur cette histoire scabreuse, celui qui serait désormais son ex voudrait un peu de temps pour mûrir sa décision à savoir s'il dispose ou s'il réclame un procès. Le duo reviendra devant le juge le 15 février pour la suite des procédures.

TC Media