Une sauvage invasion de domicile vaut 6 ans à Jean-Marc Tremblay


Publié le 28 mars 2017

Palais de justice de Québec.

©(Photo TC Media - Archives)

TRIBUNAL. Considérant essentiellement les nombreux facteurs aggravants reliés à l'invasion de domicile sauvage commanditée par Jean-Marc Tremblay, contre un couple de Saint-Augustin, la juge Réna Émond le condamne à purger une peine de pénitencier de 6 ans. En plus de dénoncer l'usage de la violence pour régler des conflits, la magistrate a déploré que le délit grave ait été commis pour récupérer 4000$.

Dans sa décision la juge Émond a énuméré une série de faits qui alourdissent la responsabilité criminelle de Tremblay. Elle a notamment évoqué le rôle de planification de l'individu de 57 ans, le mobile lié à l'argent, le degré de violence, l'intrusion dans une résidence privée, les séquelles psychologiques subies par les deux victimes, le désir de vengeance et la banalisation des conséquences.

Selon le juge, en l'absence de facteurs atténuants à part d'avoir travaillé toute sa vie, la responsabilité de l'accusé reste entière pour les délits commis. Réitérant que la Couronne avait réclamé une peine de 8 ans tandis que la Défense suggérait 2 ans, elle a tranché pour une peine globale de 6 ans de pénitencier. En soustrayant la détention provisoire calculée à temps et demi, il reste un reliquat à purger de 3 ans, 9 mois et 13 jours.

«Cette peine doit être proportionnelle à la gravité du crime ainsi qu'à ses conséquences particulières et à l'implication morale du délinquant», a justifié la juge Émond, en précisant que Tremblay présente un certain risque de récidive étant donné l'absence de remords. L'entrepreneur en construction a été trouvé coupable de complot et d'extorsion l'automne dernier, tout comme Bobby Ouellette coaccusé et fier-à-bras exécutant dans cette affaire. Deux autres malfaiteurs n'ont jamais été retrouvés après l'invasion de domicile.

Projet malheureux

Le récit des faits révèle que la mésaventure du couple de victimes, Vital Bélanger et Stéphanie Vautour, origine d'une banale somme due pour travaux arrêtés. Fréquentant le même bar sur la rue de l'Hêtrière, MM. Bélanger et Tremblay se sont liés d'amitié et le premier a confié ses rénovations résidentielles au second. Le projet a pris de l'ampleur et évolué en construction d'une nouvelle maison. Tout a basculé après que des inspecteurs municipaux ont constaté l'absence des licences requises pour les travaux. Résultat : amende de 7000$ pour l'entrepreneur et chantier interrompu pour le client.

Mécontent de ne pas être payé pour les travaux exécutés, Tremblay insiste pour obtenir des versements en plus de réclamer le remboursement de l'amende. Vital Bélanger refuse en disant qu'il le croyait en règle et que les paiements seront complétés lorsque les travaux reprendront. Impatient, l'entrepreneur s'arrange avec un fier-à-bras, Bobby Ouellette, pour obtenir son dû. Ce dernier débarque une première fois chez le couple pour les menacer de divers sévices s'ils ne payent pas.

C'est finalement le 17 mai 2015 vers 6h du matin qu'il défonce la porte et saccage la maison des victimes avec deux complices. L'homme reçoit une multitude de coups de bâton de baseball, tandis que la femme est pourchassée dans la maison et menacée d'être violée par le trio d'assaillants. Selon le témoignage de l'ex-conjointe de Tremblay, en lisant le récit du fait divers dans les journaux le lendemain, celui-ci aurait eu comme réaction de dire : «je ne pensais pas qu'il allait lui casser la gueule autant!».

Satisfaction et séquelles

Présents comme à chaque étape des procédures visant deux des individus qui ont comploté contre eux et mis leur vie en danger, Vital Bélanger et Stéphanie Vautour, ont déclaré aux médias être satisfaits de cette première peine imposée. Pour eux, c'est une étape qui va leur permettre de tourner la page et de passer à autre chose. Toutefois, ils restent hantés par ce qu'ils ont vécu et demeurent craintifs en raison des deux assaillants qui courent toujours. Cela les empêche de retourner vivre dans leur domicile.

«On n’en revient toujours pas que quelqu'un fasse autant de mal pour si peu d'argent. La peine imposée représente un certain soulagement, mais ça ne guérira pas nos traumatismes tant physiques que psychologiques. On reste ébranlé, on ne peut plus habiter chez nous et on se retrouve obligé à refaire notre vie», commente le couple Bélanger-Vautour.

Mme Vautour précise toujours craindre pour sa sécurité, en plus d'avoir du mal à dormir et de revoir continuellement la scène de saccage qui avait fait pour 80 000$ de dommages à leur résidence. Les séquelles sont encore plus importantes du côté de M. Bélanger, qui reste avec des blessures physiques persistantes, après s'être fait briser plusieurs os du visage, d'une main et d'une jambe à coups de bâton de baseball. L'homme qui a cru sa dernière heure venue ne pourra plus marcher normalement et doit vivre avec des migraines et des pertes de mémoire récurrentes.

TC Media