Le 11 septembre de Marc Pouliot

Son spectacle Ne compte pas les tours présenté au centre d’art La Chapelle


Publié le 3 septembre 2010

«Deux tours s’effondrent, on a moins l’goût d’faire le tour du monde. Ne compte pas les tours, oublie le compte à rebours», chante Marc Pouliot. Inspiré par l’événement catastrophe, l’auteur-compositeur-interprète de Cap-Rouge a composé une toute nouvelle chanson liée à la tragédie, qui, comme son spectacle, s’intitule Ne compte pas les tours qu’il présentera en primeur le soir du neuvième anniversaire du 11 septembre au centre d’art La Chapelle.

Grand amateur de doubles sens et même parfois de jeux de mots à la Sol, parolier tiraillé entre le pop et le jazz, chanteur qui n’hésite pas à s’accompagner lui-même avec des mélodies complexes, Marc Pouliot est encore à finaliser sa chanson sur le 11 septembre, sans que cela ne le perturbe le moins du monde.

«Je m’amuse beaucoup avec les mots, avec la musique. Je vais faire des changements jusqu’à ce que je sois heureux. Je vois ça comme la toile d’un peintre qui n’hésite pas à tout recommencer et à peindre par-dessus», raconte le musicien qui a déjà mis 30 ans pour composer une chanson sur le bonheur.

Parcours particulier

Marc Pouliot n’est pas un interprète ordinaire : après des études en ingénierie et un doctorat en psychologie, il a laissé tomber ses travaux de recherches à l’Université Laval. «Je manquais de temps pour ma musique. J’ai décidé de me donner la possibilité de faire de la musique à un niveau qui allait me plaire.»

Mais pourquoi ne pas avoir tenté sa chance plus jeune, alors qu’il était chansonnier dans les bars de Québec. «C’était dans les années 70-80, l’époque du disco. Les chansons à texte, mon genre à moi, avaient peu de chances de me faire vivre. J’avais de la facilité à l’école alors j’ai décidé de faire autre chose. Mais j’ai eu beau fréquenter les Musiciens Anonymes, je n’ai jamais réussi à me débarrasser de la musique», blague l’artiste. 

Il a d’abord fait sa marque en musique avec ses albums de détentes sommeil Profond pour lesquels il a d’ailleurs remporté un Félix en 1999. Quant à sa musique pop jazzée, elle trouve plus facilement sa place aujourd’hui, tellement que Marc Pouliot anime une émission de jazz les vendredis à CKRL.

N’empêche, il le dit lui-même, ses fans, il va les chercher un par un, comme s’il chantait dans leur salon. Il décrit ses spectacles comme une histoire intimiste dans laquelle il parle de la vie, de ce qui touche les gens, alternant les pièces sombres et émotives comme Le courage du lâche, une chanson qui parle du suicide, avec des pièces plus gaies, plus légères. «Mon côté sérieux côtoie mon côté cabotin. J’aime fonctionner par contraste. On sent davantage le froid quand on touche le chaud avant», illustre l’auteur-compositeur-interprète qui travaille présentement sur un nouvel album.

Marc Pouliot sera sur la scène du Centre d’art La Chapelle le 11 septembre à 20 h heures en compagnie de ses musiciens François Rioux à la guitare, Simon Lévesque à la basse et Pierre-Emanuel Beaudoin à la batterie. Les billets sont en vente au coût de 26 $. Pour plus d’information, consulter le www.centredartlachapelle.com ou le www.marcpouliot.net.

Marc Pouliot (Photo Thaïs Martel)