Le country rebelle des Free Walkers


Publié le 6 août 2016

DISQUE. The Free Walkers, un groupe de country alternatif de Québec, lançait récemment son premier album. Great Appalachian Valley, ce sont 10 compositions originales qui cherchent à insuffler un air de renouveau à la signature thématique et mélodique qui a marqué l’âge d’or du genre dans les années 1950-1960.

«En ce moment, il y a une nouvelle génération de country-folk dont on considère faire partie», estime celui qui donne son nom au groupe, Étienne Walker. Le voyage, la ruralité, l’amour, autant de thèmes classiques qui composent Great Appalachian Valley, mais colorés par une ouverture d’esprit qui permet à l’ensemble de respirer un vent de fraîcheur. Le country américain, historiquement, s’enracine dans un conservatisme que le folk des Free Walkers vient ici assouplir.

Que chaque membre du groupe imprime sa touche personnelle au projet n’est pas étranger à cette réinvention du genre. Il y a Louis-Philippe Huot (Beauport), l’agriculteur percussionniste qui incarne à merveille l’image du country avec son côté terre-à-terre. Il y a le bassiste François Paquet (Saint-Sauveur), dont la mélomanie infléchit le country vers l’alternatif. Il y a Mathieu St-Jean (Sainte-Foy), guitariste accompli qui a grandi dans le country de la Côte-Nord.

Du punk au country

Et il y a Étienne Walker (Saint-Sacrement), auteur, compositeur, interprète, guitariste. The Free Walkers, c’est son projet, inspiré de son coup de cœur pour la musique americana – Johnny Cash, Neil Young, Bob Dylan… Du punk qui a bercé son adolescence, il est passé au country. Tout un changement de cap! qu’on lui fait remarquer. Certes, acquiesce-t-il, mais moins qu’on pourrait le penser alors qu’il a choisi la branche du country alternatif: «Les valeurs véhiculées dans le punk et l’alt-country sont communes. Dans les deux, on retrouve un côté rebelle, revendicateur», analyse-t-il sous l’approbation générale des autres membres.

Ceux-ci se seront greffés plus tard au projet, qu’Étienne Walker a d’abord mené en solo. De spectacle en spectacle – beaucoup de bars, de petits festivals, d’événements municipaux –, ils ont créé des compositions à leur image. Les «10 meilleures» s’offrent sur Great Appalachian Valley. Un titre qui, cherchant à illustrer la façon dont le groupe s’approprie le country, prend racine dans la chaîne de montagnes qui relie la Belle Province aux États du Sud, berceau de cette musique du folklore américain. «On tire le meilleur des deux mondes», juge Mathieu St-Jean.

Ambitions

Ce premier disque, le quatuor le voit comme une carte de visite. Comme «un tremplin pour organiser des spectacles et accéder à de plus belles scènes», mentionnent Louis-Philippe Huot et Étienne Walker. Pas question pour autant d’abandonner tout à fait le théâtre des bars, qui ménage un espace idéal pour le côté festif et le contact de proximité qui plaisent au groupe. Mais, chose certaine, «je veux aller le plus loin possible avec le projet The Free Walkers», souhaite le leader.

The Free Walkers seront en spectacle à la Microbrasserie des Beaux Prés le 13 août. Pour plus d’info: thefreewalkers.com

Québec Hebdo